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SAPAD2018-05-21T11:01:29+00:00

« Chaque année, pendant l’été, il y a une centaine d’abandons »

La Société autonome de protection des animaux du Douaisis s’occupe des animaux abandonnés. Chiens et chats, mais pas uniquement. Bernard Szymanski, président de la structure, a répondu à toutes nos questions avant de nous faire visiter les installations.

Bernard Szymanski

Racontez-nous l’histoire de ce refuge ?
La SPA de Douai existe depuis 1956. Nous étions installés dans un vieux bâtiment en ville. Depuis 2010, la structure s’appelle la SAPAD, Société autonome de protection des animaux du Douaisis, et dispose de locaux à la périphérie de Douai. La Communauté d’agglomération du Douaisis a financé ces nouveaux bâtiments à hauteur de 1,9 million d’euros, et elle nous met à disposition ces locaux.

Combien d’animaux avez-vous dans ce centre ?
En ce moment, nous avons une soixantaine de chats et une quarantaine de chiens dans le refuge. Nous gardons aussi des animaux en pension quand leurs maîtres partent en vacances. Et les places de pension pour l’été prochain sont quasiment déjà toutes prises.

Combien de personnes travaillent dans ce refuge ?
Il y a trois permanents et trois personnes en contrat d’accompagnement dans l’emploi. L’association réunit aussi une soixantaine de bénévoles, qui s’occupent de promener les animaux, et une vingtaine de personnes au conseil d’administration qui ont des fonctions bien précises, comme gérer le blog.

Y a-t-il plus d’abandon d’animaux au moment des départs en vacances ?
Oui, tout à fait. Chaque année, pendant l’été, il y a malheureusement une centaine d’abandons.

Comment travaillez-vous avec la fourrière ?
La fourrière est gérée par la Communauté d’agglomération du Douaisis. Elle est située juste à côté de nos locaux. Cette fourrière récupère les animaux abandonnés. Ils y restent dix jours en observation. Ils sont vus par un vétérinaire qui va émettre un certificat de santé. Ils sont aussi vaccinés et on leur implante une puce électronique, puis ils arrivent dans nos locaux.

Combien de temps gardez-vous au maximum les animaux ?
Il n’y a pas de délai maximum. Mais ici à la SAPAD, nous avons un turnover important et les animaux ne restent pas trop longtemps. Evidemment, il est plus difficile de faire adopter des vieux animaux car ils ont besoin de soins supplémentaires et cela peut coûter cher, jusqu’à 200 € à 300 € par mois. Alors, pour ces vieux animaux, nous les donnons à certaines associations spécialisées qui se trouvent en Allemagne. Sinon, la Confédération nationale des SPA de France va bientôt créer un refuge pour les vieux animaux.

Certains animaux sont-ils euthanasiés ?
Cela peut arriver. Un chien qui mord va avoir deux visites du vétérinaire pour tester sa dangerosité, puis il est euthanasié. C’est la loi. Les chiens de catégorie 1 qui nous sont confiés, comme les American Staff, sont systématiquement euthanasiés. Pour les chats, s’ils sont trop jeunes, ils peuvent transmettre des maladies comme le coryza. Donc ils sont aussi euthanasiés.

Que faites-vous des animaux malades que vous récupérez ?
Les vétérinaires avec qui nous travaillons viennent deux fois par semaine à la SAPAD. Ils auscultent les animaux qui viennent d’arriver. Si ils sont blessés, et suivant l’état des blessures, les vétérinaires peuvent décider de les soigner ou de les euthanasier. Après, si les animaux sont juste malades, les vétérinaires leur prescrivent des médicaments et les personnes de la structure donnent ensuite le traitement à ces animaux.

Vous arrive-t-il d’amener des animaux directement chez les vétérinaires ?
Oui, des chats, dans le cadre de l’opération « Chat Libre ». Certaines communes nous appellent pour installer des trappes pour capturer les chats errants dans les résidences. Nous les amenons ensuite chez le vétérinaire qui endort les chats, leur fait un tatouage sur l’entre-jambe, les stérilise, avant que nous les relâchions. Nous avons eu ainsi environ 650 chats qui ont transités par la SAPAD.

Vendez-vous ou donnez-vous les animaux ?
Nous n’aimons pas le terme de « vente ». Nous donnons les animaux mais les personnes qui les prennent ont des frais d’adoption à payer : 90 € pour un chat et 140 € pour un chien. Cela représente notamment les frais de vaccination, de stérilisation et la puce. On préfère avoir un prix raisonnable d’adoption pour que tout le monde puisse faire une adoption.

Y a-t-il des contrôles des propriétaires après les adoptions ?
Pendant un an, l’animal n’appartient pas au propriétaire, mais encore à la SAPAD. Ce qui fait que nous avons un droit de regard sur l’animal. Cela se concrétise par une visite pendant cette première année. Mais, évidemment, on a fait remplir un questionnaire aux personnes qui veulent adopter donc on a déjà des informations et nous pouvons refuser des adoptions. Comme quelqu’un qui voudrait un gros chien dans un petit appartement. Ou un jeune chien dans un appartement, car il peut détériorer beaucoup de choses. Certaines personnes nous ramènent d’ailleurs un animal après quelques jours si cela ne va pas. C’est toujours mieux d’avoir un retour de l’animal à la SAPAD plutôt qu’un abandon. Nous avons même eu un chien qui se sauvait de son nouveau domicile pour revenir de lui-même au refuge. C’est arrivé deux ou trois fois.

Quels soins donnez-vous vous-même aux animaux ?
Nous travaillons avec une école de toilettage qui est à Arras. Nous amenons les animaux là-bas : il faut les rendre plus présentables en vue d’être adoptés. Ils sont brossés, coiffés, etc. Sur place, à la SAPAD, il y a une infirmerie. Dans cette pièce, le vétérinaire peut vacciner les animaux et nous nous occupons des petits soins. Comme donner un médicament à un animal ou soigner une petite blessure.

Récupérez-vous des nouveaux animaux de compagnie (NAC) ?
La SAPAD a la compétence pour accueillir des NAC, en plus des chiens et des chats. Récemment, nous avions un perroquet. Mais nous avons déjà récupérés des lapins, des furets, des dindons, des canards. Et aussi beaucoup de serpents : des pythons qui étaient chez des gens ou des couleuvres trouvées dans la nature qui sont ramenées par les pompiers. Nous avons eu aussi des cygnes, qui avaient été blessés par des chasseurs, et des moutons, qui n’avaient pas été tués pendant des fêtes musulmanes et avaient été abandonnés. La SAPAD a aussi une certification de la chambre d’agriculture pour accueillir certains animaux. Comme des chevaux que nous récupérons sur réquisition du procureur de la République car ils sont maltraités. Le plus étonnant sans doute, cela a été un hibou grand-duc, de presque deux mètres d’envergure. Pour les animaux sauvages comme ce hibou, nous les donnons à des associations spécialisées qui vont s’occuper de les relâcher. Certains autres animaux peuvent être donnés à des parcs animaliers. De toute façon, nous faisons tout pour que les animaux recueillis restent le moins longtemps possible au refuge.

Interview réalisée par TH et Boyka de l’UEAJ de Sin-le-Noble

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