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Punch Savate Club2018-05-21T11:00:48+00:00

« Devenir champion, cela doit être un rêve qu’on a au fond de soi »

Noureddine Ejrhom est entraîneur de boxe française et responsable du Punch Savate Club de Cambrai. Depuis vingt-six ans, il forme des champions comme Cindy Demarle, championne du monde de boxe française en 2011. Il revient sur son parcours et sur l’histoire de son club.

Quelle est l’histoire de votre club ?
Dans les années 1980, il y avait trois clubs de boxe française à Cambrai. Ils ont fusionné ensemble mais ce nouveau club a fini par cesser son activité. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de passer mes diplômes pour entraîner et j’ai créé le Punch Savate Club en 1992. Nous avons récupéré les salles d’entraînement à la Citadelle à cette époque-là.

Pouvez-vous nous expliquer le nom du club ?
Je voulais qu’il y ait le mot « punch » qui exprime quelque chose de dynamique et comme au début, nous ne proposions que de la boxe française, j’ai mis aussi le mot « savate ». Ce nom de savate est de plus en plus employé pour parler de la boxe française, qui est un terme plus réducteur et moins international.

Quelles sont les disciplines enseignées dans le club ?
Depuis le début du club, nous pratiquons la savate, qui est une boxe pieds et poings, et depuis cinq ans, j’ai passé spécialement mes diplômes pour faire des cours et des entraînements de boxe anglaise. Dans le club, il y aussi des cours de canne de combat et de bâton, qui ont des techniques spécifiques. La canne a toujours été enseignée dans les clubs de boxe française. Nous proposons également des cours de fit forme, un dérivé du fitness, où les pratiquants font des exercices avec des bâtons courts, des cerceaux, des trampolines, etc. Cette année, j’ai commencé à donner enfin des cours de self défense. Et l’année prochaine, il y aura aussi du kickboxing et peut-être bientôt de la boxe thaï.

Combien y a-t-il de personnes qui s’entraînent dans ces salles ?
Aujourd’hui, nous avons 270 adhérents au club qui viennent pour des cours collectifs ou pour des entraînements spécifiques. En particulier ceux qui font des compétitions, qui préparent des championnats. Je donne aussi des cours privés. Le plus jeune inscrit au club a 4 ans et la grande majorité des adhérents ont entre 4 ans et 13 ans.

Le club a-t-il formé des champions ?
Oui, beaucoup. Le Punch Savate Club a décroché pas mal de titres ! Il y a notamment eu Cindy Demarle qui a été championne du monde de boxe française en 2011. Elle a tout appris au club. Elle avait seulement 16 ans quand elle a commencé. Nous avons organisé la finale du Championnat du Monde à Cambrai à la salle Vanpoulle. Elle a combattu contre une Finlandaise, devant 1500 spectateurs. Et elle a remporté le titre ! Nous étions très fiers d’organiser cette finale et très fier qu’une de nos championnes gagne le Championnat. Nous avons eu aussi Valentin Gilleron, un jeune qui a été champion de France minime et cadet, et aussi finaliste au Championnat du monde en catégorie cadet. Il a commencé la boxe à 12 ans. A l’école, c’était un petit terrible, qui se bagarrait tout le temps. Il s’est passionné pour la boxe française et ce sport lui a permis de canaliser sa violence. C’était un jeune très prometteur, malheureusement pour nous il a décidé de partir à l’armée.

Noureddine Ejrhom.

Quel est votre parcours sportif ?
Quand j’étais enfant et adolescent, mon sport, c’était le football. J’ai joué au club de Cambrai en minimes et en cadets. Un jour, je suis venu voir comment ça se passait au club où un de mes frères faisait de la boxe. Je suis venu avec lui et j’ai commencé à m’entraîner. Cela me plaisait beaucoup mais pas au point de faire des compétitions. Le destin a fait que ce club de boxe a fermé, que j’ai décidé de passer mon brevet fédéral pour devenir entraîneur et ouvrir ce nouveau club, le Punch Savate Club. Même si je n’ai pas été champion de boxe, j’avais cet esprit de compétition, grâce au football, qui est nécessaire pour devenir entraîneur. Je me suis imprégné de la culture de la boxe et petit à petit, j’ai pris goût à ce sport. Après mon brevet fédéral, j’ai passé tous les autres diplômes : un brevet d’État, un diplôme d’État. Et plus récemment, en boxe anglaise, j’ai passé un brevet professionnel pour pouvoir également enseigner. J’ai préparé tous ces diplômes en candidat libre. L’entraineur doit toujours se remettre en question et progresser lui-même pour accompagner au mieux les boxeurs, surtout ceux qui font des compétitions.

Quelles qualités faut-il avoir pour devenir boxeur ?La boxe va permettre de révéler et de développer certaines qualités comme l’endurance. Mais sinon, pour faire de la boxe, il faut être obstiné et travailleur. Il faut savoir se mettre au travail et reprendre continuellement les entraînements, surtout après des échecs en compétition. Le rôle psychologique de l’entraîneur est alors important car le physique d’un boxeur va toujours avec son mental. Après, pour devenir un athlète de haut niveau, pour devenir un champion, cela doit être un rêve qu’on a au fond de soi. Quelque chose de très fort. Sinon, pour devenir un très bon boxeur, je dirais qu’il faut de l’engagement et du travail, du travail et encore du travail !

Interview réalisée par BLMP du CEF de Cambrai

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