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Chef de Gare Arras2018-05-13T05:02:40+00:00

Arras, un décor de cinéma

Yves Montand sur la Grand’Place, Vincent Lindon à l’Hôtel de l’Univers, Marc Lavoine dans la rue de Petits vieziers, Emilie Duquenne à la Tour Verlaine. Depuis cinq décennies, de nombreux comédiens français et belges sont venus jouer dans des lieux emblématiques d’Arras. Le 1er septembre 2017, la gare a même reçu un très grand nom du cinéma américain : l’acteur et réalisateur Clint Eastwood.

Après avoir enquêté sur le terrain, dans différents endroits de la ville, nous nous sommes concentrés sur deux films : « Pas son genre » de Lucas Belvaux, avec qui nous avons pu échanger par mail (cliquez ici), et « Le 15 h 17 pour Paris » de Clint Eastwood. Pour ce long-métrage, nous sommes allés à la rencontre de Frédéric Davelu, le chef de la gare d’Arras, pour qu’il nous raconte l’histoire extraordinaire du tournage de ce long-métrage.

« C’était impressionnant de rencontrer Clint Eastwood ! »

Clint Eastwood et Frédéric Davelu.

Comment s’est organisé le tournage du film de Clint Eastwood ?
La production du film avait loué spécialement un Thalys pendant trois jours. C’était une rame de huit voitures. Pendant ces trois jours, Clint Eastwood a tourné toutes les scènes dans le train et dans les différentes gares, à Amsterdam, à Bruxelles et à Arras. Toute l’équipe du film est donc arrivé en gare d’Arras dans ce train le 1er septembre dernier, au début de la matinée. Les techniciens se sont alors installés sur le quai de la voie 9, au fond de la gare. Parce que pendant cette journée, le trafic n’a pas été interrompu et les trains circulaient normalement sur les autres voies. Le matin du tournage, la rame a été manœuvrée : elle a reculée, puis elle est repartie en avant pour que son arrivée en gare d’Arras soit filmée. Puis, les différentes scènes, il y a en eu quatre ou cinq, ont été tournées pendant toute la journée, entre 9h et 17h. En fait, chaque scène a été tournée avec deux angles de vue différents, de chaque côté du même quai.

Combien de temps cela vous a pris pour préparer ce tournage ?
Plusieurs mois à l’avance, la production française du film a pris contact avec la direction de la SNCF à Paris. Puis l’information est redescendue jusqu’à moi. Les premiers rendez-vous ont eu lieu au mois de juin 2017. L’équipe de production française est venue à la gare pour choisir le quai et faire des repérages. Puis nous avons eu quelques réunions. De mon côté, il a fallu que je réorganise le plan de voies pour cette journée du 1er septembre, pour libérer les voies 8 et 9 pendant une journée complète. Puis on a préparé la sécurité du tournage avec la police ferroviaire.

Les usagers étaient-ils prévenus du tournage ?
La SNCF et la production du film n’ont pas communiqué sur le tournage, mais il y a eu des fuites par la presse et les radios locales. Donc il y a eu des badauds qui sont venus voir. On s’attendait à beaucoup de monde, mais finalement cela allait. De toute façon, la zone de tournage était bien verrouillée. Au niveau du quai, la rame utilisée cachait le tournage et à l’arrière de la gare, des bâches avaient été installées. L’équipe du film était venue avec un service d’ordre, qui a été très efficace. Tout le monde se retrouvait dans la rue derrière la gare pour essayer de voir un bout du tournage. Mais avec les bâches, c’était difficile d’apercevoir quelque chose.

Comment était Clint Eastwood pendant le tournage ?
Déjà, il ne s’occupe pas des préparatifs et je ne l’ai vu que le jour du tournage. Finalement, on ne le voyait quasiment pas. La plupart du temps, il était à l’intérieur du train. Il suivait ce qui était filmé sur un écran de contrôle. Pendant que la scène se tournait, il contrôlait, puis il visionnait de nouveau cette scène et disait si elle était bonne ou pas.

Qu’est-ce que cela fait de rencontrer Clint Eastwood ?
Cela fait bizarre de le rencontrer, de rencontrer une star comme lui. Surtout que j’aime bien ses films. Ceux où il était acteur et les films qu’il a réalisés aussi. C’est un très bon réalisateur. Normalement, je ne devais pas avoir de contact avec lui parce qu’il était très occupé ce jour-là. J’ai surtout discuté avec le producteur américain et avec le producteur français. Et puis, en fin de journée, j’ai pu faire une photo avec Clint Eastwood. C’était impressionnant de le rencontrer, même si cela a été très rapide ! De toute façon, Clint Eastwood a eu peu de contact avec les personnes à Arras. A part le maire qui est venu lui remettre les clés de la ville.

Avez-vous joué dans le film ?
Non, malheureusement, je ne pouvais pas tout faire en même temps. Je devais être avant tout à la gare ce jour-là pour veiller à la sécurité des usagers et au bon déroulement du tournage. Beaucoup des personnes qui sont intervenues à la gare d’Arras le jour de cet attentat manqué ont pu jouer leur propre rôle. Des pompiers, des policiers. Il y a eu aussi des figurants qui ont été recrutés à Arras. Mais dans le film, on ne voit aucun agent de la SNCF et aucun chef de gare.

Ce tournage reste-t-il un bon souvenir ?
Oui, bien sûr, c’est un très bon souvenir. Participer au tournage d’un film d’une star comme Clint Eastwood, cela ne va pas m’arriver dix fois dans ma carrière de chef de gare ! Il y avait une part de stress et d’excitation, et c’était intéressant de découvrir cet univers du cinéma. Avec cette production américaine, j’ai vu que tout était cadré, très bien organisé. Tout est très professionnel. En fin de journée, l’équipe est partie à l’heure qui avait été annoncée. Pour un chef de gare, le respect des horaires, c’est important !

Interview réalisée par Sork et Ant de l’UEAJ d’Arras

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